Handicap visuel et emploi : des solutions existent

En France, 2 millions de personnes vivent avec une déficience visuelle, soit 2,9 % de la population. Seuls 13 % sont considérées comme aveugles : la grande majorité sont malvoyantes. Avec le vieillissement de la population, ce chiffre pourrait tripler d'ici 2050 à l'échelle mondiale. 

Un handicap aux réalités multiples 

Le handicap visuel est un trouble durable de la vision qui persiste malgré une prise en charge médicale. 

On distingue la malvoyance (acuité entre 4/10 et 1/10) de la cécité (acuité égale ou inférieure à 1/20). 

Ses causes sont variées : DMLA, glaucome, maladies génétiques, myopie dégénérative, cataracte, rétinopathie diabétique... La DMLA, à elle seule, touche 1,5 million de personnes en France et reste la première cause de malvoyance après 50 ans. 

Au quotidien, ces troubles entraînent fatigue visuelle, maux de tête et troubles de la concentration, avec un impact réel sur la vie professionnelle. 

Des solutions pour compenser 

Aux outils traditionnels (canne blanche, chien-guide, loupe, braille) s'ajoutent aujourd'hui des innovations technologiques : assistance vidéo à distance (Be My Eyes), dispositifs de guidage (PANDA Guide), lecture instantanée de texte (MyEye), plans tactiles interactifs (Feel Object) ou encore applications de localisation d'objets (Oorion). 

Côté prévention, un suivi ophtalmologique régulier est recommandé : au moins 3 fois entre 20 et 39 ans, tous les 2-3 ans après 40 ans, tous les 1-2 ans après 65 ans. 

Concilier handicap visuel et emploi 

Grâce à la RQTH, un salarié peut bénéficier d'aménagements spécifiques : équipements de lecture (téléagrandisseur), fournitures adaptées (grand écran, clavier braille), logiciels dédiés (agrandissement, reconnaissance vocale) et un espace de travail repensé (éclairage réglable). 

Pour bien collaborer avec un collègue déficient visuel, quelques réflexes simples s'imposent : se nommer en disant bonjour, signaler les obstacles à hauteur de visage, ne pas toucher un chien-guide en service, privilégier les échanges écrits accessibles, et éviter tout geste brusque ou comportement infantilisant. 

L'accessibilité numérique, un enjeu central 

De nombreux malvoyants utilisent des lecteurs d'écran pour naviguer sur internet. Encore faut-il que les sites, documents et vidéos respectent les règles d'accessibilité : contrastes suffisants, descriptions alternatives sur les images, formulaires bien conçus. 

Cette exigence est inscrite dans la loi du 11 février 2005. 

En bref 

Le handicap visuel concerne un nombre croissant de salariés. Grâce à la RQTH, aux aménagements de poste et aux innovations technologiques, concilier déficience visuelle et vie professionnelle est aujourd'hui tout à fait possible — à condition que chacun adopte les bons réflexes pour construire un environnement de travail inclusif. 

Sources : Organisation Mondiale de la Santé, Institut de la Vision, Agefiph — Guide « Des solutions existent pour concilier handicap visuel & emploi », Activ Box, avril 2025.