Zones humides : pourquoi sont-elles essentielles à la préservation de l’eau ?
Marais, tourbières, prairies humides, mares, lagunes, mangroves, forêts alluviales… Les zones humides prennent des formes très différentes. Elles ont pourtant un point commun : l’eau y joue un rôle déterminant, qu’elle soit présente en surface ou dans le sol, de façon permanente ou seulement à certaines périodes de l’année.
Longtemps considérées comme des espaces contraignants, voire inutiles, elles sont aujourd’hui reconnues comme des milieux essentiels au fonctionnement de nos territoires.
Leur préservation concerne tous les acteurs du territoire, car les zones humides jouent un rôle direct dans la gestion de l’eau, la prévention des inondations, la qualité des milieux aquatiques et l’adaptation au changement climatique.
Qu'est-ce qu'une zone humide ?
Une zone humide est un espace où l’eau est présente, de manière permanente ou temporaire, à la surface ou dans le sol.
Le Code de l’environnement définit les zones humides comme des terrains « habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire », ou dont la végétation est dominée par des plantes adaptées aux milieux humides pendant au moins une partie de l’année.
Cette définition recouvre une grande diversité de milieux : marais, tourbières, prairies humides, mares, prés salés, forêts alluviales, mangroves…
Une zone humide n’est donc pas nécessairement un espace recouvert d’eau en permanence. Un terrain peut être humide alors même qu’il paraît sec une grande partie de l’année. Dans certaines tourbières ou prairies humides, c’est notamment le sol, gorgé d’eau, qui permet d’identifier le caractère humide du milieu.
Ces espaces sont également étroitement liés au cycle de l’eau. Ils peuvent recevoir l’eau des précipitations, des cours d’eau ou des nappes souterraines, puis la stocker temporairement avant de la restituer progressivement. Ils fonctionnent ainsi comme de véritables zones tampons au sein des bassins versants.
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Pourquoi sont-elles essentielles ?
Les zones humides remplissent plusieurs fonctions essentielles pour nos territoires.
En stockant temporairement l’eau et en ralentissant son écoulement, elles peuvent contribuer à limiter les effets de certaines crues. Elles participent également à la recharge de certaines nappes et au maintien des écoulements en période plus sèche.
Elles jouent aussi un rôle important dans la qualité de l’eau. Leurs sols, leur végétation et les organismes qui y vivent contribuent à retenir ou transformer certaines substances et certains polluants. Elles constituent ainsi une forme de filtre naturel entre les terres et les milieux aquatiques.
Enfin, elles accueillent une biodiversité particulièrement riche et peuvent contribuer, selon les milieux, au stockage du carbone et à l’adaptation des territoires au changement climatique.
Préserver les zones humides, ce n’est donc pas seulement protéger des espèces ou des paysages. C’est aussi préserver des fonctions naturelles essentielles au cycle de l’eau et à la résilience de nos territoires.
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Des milieux fragiles et menacés :
Malgré leur importance, les zones humides ont fortement régressé au cours des dernières décennies.
Leur disparition ou leur dégradation est principalement liée aux activités humaines : artificialisation et urbanisation, drainage, certaines pratiques agricoles, aménagement des cours d’eau, remblais, pollutions ou encore prélèvements excessifs d’eau.
Pour les zones humides, le problème n’est d’ailleurs pas uniquement leur disparition physique. Modifier les sols ou les écoulements peut suffire à perturber leur fonctionnement.
L’imperméabilisation des sols, les remblais ou le drainage peuvent ainsi modifier la circulation et le stockage de l’eau. Les pollutions peuvent quant à elles dégrader la qualité des milieux et affecter les espèces qui y vivent.
Ces enjeux expliquent pourquoi les projets d’aménagement et les travaux doivent intégrer la question de l’eau suffisamment tôt, avant leur réalisation.
Une protection encadrée :
Face à la régression des zones humides, leur préservation est aujourd’hui reconnue comme un enjeu international et national. Plusieurs dispositifs encadrent leur protection et leur gestion durable.
À l’échelle internationale, la Convention de Ramsar, adoptée en 1971, engage les États à conserver et utiliser durablement les milieux humides. Elle permet notamment de désigner des sites Ramsar, reconnus pour leur importance internationale. La France est devenue partie à la convention en 1986.
En France, la préservation des zones humides s’appuie notamment sur la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) de 2006 et sur le Code de l’environnement. Leur préservation et leur gestion durable sont reconnues d’intérêt général, dans un objectif de gestion équilibrée et durable de l’eau.
Certaines opérations susceptibles de dégrader ces milieux, comme l’assèchement, la mise en eau, l’imperméabilisation ou le remblaiement, peuvent ainsi être soumises à des procédures spécifiques au titre de la réglementation sur l’eau.
Cette politique s’appuie également sur des plans nationaux successifs. Le 4e Plan national milieux humides, lancé pour la période 2022-2026, vise notamment à améliorer la connaissance, la protection et la restauration de ces milieux, mais aussi à favoriser des pratiques économiques compatibles avec leur préservation.
Et concrètement, quel rôle pour les entreprises ?
La préservation des zones humides ne concerne pas uniquement les grands projets d’aménagement. Les entreprises artisanales et les petites entreprises ont elles aussi un rôle à jouer dans la préservation de la ressource en eau.
À leur échelle, leurs activités peuvent avoir des effets sur les sols, les eaux usées, les eaux de ruissellement, les produits utilisés ou encore les déchets produits. La maîtrise de ces différents flux permet de limiter les risques de pollution et leur transfert vers les milieux naturels.
Cela passe notamment par de bons réflexes au quotidien : limiter les rejets, stocker et manipuler correctement les produits, gérer les déchets de manière adaptée, préserver les sols et rester attentif à la manière dont l’eau circule autour de son activité.
Pour aller plus loin :
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[L'utilisation d'eau pluviale pour économiser l'eau potable dans les entreprises]
[Eaux pluviales, quand et pourquoi installer un séparateur d’hydrocarbures ?]
La réglementation constitue un cadre, mais la préservation de l’eau repose aussi sur l’ensemble des pratiques mises en œuvre au quotidien. Chaque entreprise, quelle que soit sa taille, peut ainsi contribuer à préserver les milieux humides et, plus largement, la ressource en eau.
La CNAMS est aux côtés des entreprises pour les informer, les sensibiliser et les accompagner dans leurs démarches en faveur de la préservation de l’environnement et de la ressource en eau.
N’hésitez pas à contacter le service environnement de la CNAMS : hse@cnams-ge.fr
| Pour en savoir plus : [Gestion de l’eau : comprendre les enjeux et les solutions] |